Fantasy·Roman

Eragon : L’héritage – Tout a une fin, mais laquelle ?

l-heritageNous y voilà. Enfin, m’y voilà. Probablement en retard de deux guerres par rapport aux autres, j’ai enfin bouclé la boucle d’Eragon aux hasards d’une allée de librairie. Il était là, il me faisait de l’œil, ce brave lézard émeraude, j’ai cédé à ses charmes; avec mon consentement.

Comme pour beaucoup, Eragon est une série importante à mes yeux. J’ai dévoré les deux premiers tomes avec gourmandise et, malgré tout, l’attente de la sortie des suivants m’a quelque peu éloigné; mais jamais très loin. J’en attendais donc beaucoup de ce dernier petit et de découvrir enfin l’aboutissement.

Donc que dire ?

Dans l’ensemble, cela passe comme une lettre à la poste. L’écriture de Christopher Paolini fonctionne terriblement bien, tantôt jeune, tantôt instable, mais toujours faisant mouche. On avale les mots les uns après les autres sans se lasser, ou presque. Certains passages s’étirent, se prélassent et lassent; bien que pour la bonne cause.

J’ai réellement senti la volonté de l’introspection. Qui sommes-nous ? Que faisons-nous ? Qu’est-ce qui nous définit ? Notre rôle, notre but, toutes ses questions que se pose l’auteur et dont il nous propose le raisonnement à travers ce monde riche en histoire et en magie.

Toutes ces phases sont évidemment entrecoupées de combat au fil de l’épée, au plat du marteau ou à la langue acérée de l’ancien langage. La magnificence des dragonniers se concrétise enfin quand nous découvrons Vroengard et les restes de cette caste mythique. Épilogue de la transition d’un adolescent vers l’âge adulte, les contraintes des grands viennent mettre des bâtons dans les roues de notre petit dragonnier préféré; ou pas.

Beaucoup de personnages gagnent en profondeur et en intérêt : je pense principalement à Roran, le cousin chanceux (même peut-être trop), Nasuada, Galbatorix (enfin !) et même Murtagh; bien que certains soient assez taillés à l’emporte-pièce, voire presque clichés. Cependant, je ne peux résister, à certains moments concernant Eragon, à l’envie de lui en coller une.

Encore trop souvent puéril et irréfléchi, les traits qui le caractérisent sont encore trop épais. Le jeune homme doit encore apprendre énormément et, bien qu’on le qualifie de personne la plus puissante après Galbatorix et Murtagh à de nombreuses reprises, je ne peux me décider à approuver. Le pauvre garçon semble pataud, peu maître de lui, tout en sauvant autant que possible les apparences; je n’arrive pas à le trouver épique.

En fin de roman, soudain, la maturité le frappe, la sagesse l’envahit à coup d’Eldunari et le gamin devient homme de manière légèrement trop abrupte. La croissance normale, c’est pour les petits. Ce portrait peut sembler trop raide, rassurez-vous quand même, cela n’est pas gênant pour le peu qu’on l’accepte comme une caractéristique du personnage. Après tout, le garçon n’a pas eu une adolescence classique.

Et pourtant, il n’a même pas droit à sa love story, qu’on lui refuse à coup de responsabilités et d’obligations géopolitiques. Nous en viendrions presque à le plaindre.

Enfin, si ce n’était pour les quelques éléments, hélas, trop prévisibles.

Mais non, les dragons ne vont pas s’éteindre, qui y a cru ? Évidemment que des Eldunaris sont cachés sur Vroengard, sinon comment Eragon aurait pu y arriver ?

L’un dans l’autre, on obtient une histoire alléchante, intriguante et qui a le mérite d’avoir déchaîné les passions et émerveillé l’imagination de beaucoup.

Tout cela dit, je garde un très bon souvenir de cette conclusion. La saga n’a pas à rougir de ses armes; pour un jeunot, il a fait du très bon boulot. Vent de fraîcheur dans un monde saturé, il a amadoué le Fantasy et y a intégré quelques nouveautés tout en adaptant des bases solides à sa sauce. J’ai hâte et j’espère qu’il ne s’arrêtera pas là.

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