Historique·Roman

Une justice de compréhension

le-collier-rougeDe temps en temps, il faut savoir sortir du sentier battu. Le collier rouge est l’un de mes premiers écarts concernant mes lectures et bien m’en a pris.

En résumé, Jean-Christophe Ruffin nous y conte l’histoire d’un soldat condamné qui reçoit la visite de son juge.

« Condamné à quoi ? » me demanderez-vous.

Excellente question, car nous n’en avons aucune idée ; et le juge se refuse de nous le dire; crapuleux qu’il est ! C’est là tout le mystère de cette grosse nouvelle, ou petit roman, extrêmement bien ficelée.

Ficelée à quoi ? À un chien. La pauvre bête porte un chapeau mystérieux que nous découvrons au fil de l’histoire et, en réalité, loin d’être l’auteur du crime, il n’est que complice malgré lui. Je ne vous dirai évidemment pas ledit crime, sinon pourquoi le liriez-vous ? Cependant, sachez que cela en vaut la peine.

En cette fin de Première Guerre Mondiale, ce petit juge vient rendre son dernier jugement contre ce soi-disant criminel de guerre. Plutôt que de rendre la sentence gratuitement, il va tenter de tirer les vers du nez de notre accusé afin de comprendre. C’est là toute la beauté de la chose. Loin d’une justice martiale raide et automatisée, il se penche sur le cas de notre bougre, il s’informe auprès des villageois et tente de capter le sens de ses actes, voire même d’alléger sa peine sévère ; crime contre la nation tout de même !

Au fil des souvenirs de notre condamné, nous apprenons son point de vue sur la guerre, ses motivations, ses regrets, ses remords et ses conclusions, loin d’être hâtives, sur la déformation du patriotisme qui devient un règlement de comptes lâche et insultant.

Cette histoire m’a captivé. Tout d’abord sceptique, je me suis rapidement rendu compte que je n’en décrochais pas. Les mots coulent sur le papier et s’emparent de nous. « Mais enfin ! Dites-moi ce qu’il a fait ! »

Mais aussi, elle nous questionne : pourquoi se fait-on la guerre ? Est-ce justifié ? Qu’y ressent-on ? L’isolement, la souffrance, la loyauté (même d’un chien), la frustration; tous ces sujets qui font le quotidien du soldat illustrent ce récit qui nous poussera à nous poser quand même la question : a-t-il vraiment commis un crime ?

Au même titre qu’une tasse de thé bien chaud un long soir d’hiver, Le collier rouge nous donne ce sentiment de satisfaction et de joie simple que l’on aime tant retrouver, loin du vacarme et de la vitesse. Une pause bienvenue qui sait ne pas se montrer envahissante.

Un commentaire sur “Une justice de compréhension

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