Action·Aventure·Film

Wonder Woman à la rescousse – Wonder Woman de Patty Jenkins

Une certaine émotion grimpe en moi alors que je me lance dans cette rédaction. Wonder Woman, réalisé par de Patty Jenkins, en a, il faut le dire, pris plein la gueule. Et même si je les ai évités autant que possible, les spoilers et autres avis ont fusé pendant des mois. D’abord annoncé comme étant LE film d’héroïne que les féministes rêvent de voir depuis longtemps, il a finalement été rabaissé au rang d’étron bien-pensant, peu divertissant avec la réalisation d’un singe sous extasie. Rien de bien vendeur, monsieur l’agent.

Pourtant, j’avais foi en cette Wonder Woman depuis son annonce; tout autant qu’en Batman Vs Superman et j’en souffre encore… D’où ma réticence à me lancer.

Mon bilan est simple : plutôt pas mal !

Quand je repense à ma dernière expérience DC, ndlr Batman vs Superman, c’est un chef-d’oeuvre. Bon ok, un caillou comparé à une bouse de vache vaut le Penseur de Rodin, mais tout de même.

Le casting pas si bling-bling

Si vous enlevez la fameuse Gal Gadot (Daina) et Chris Pine (Steve), le casting n’a rien de très putaclic. Connie Nielsen apparaît en reine des amazones impérieuse, en grand fan de Gladiator je ne pouvais qu’approuver.
Robin Wright, aka Clair Underwood, aka Antiope, ne convainc hélas pas trop. Elle ne dit pas grand-chose, mais pour le peu… Comme quoi se battre derrière un bureau ou l’épée à la main relève d’un tout autre terrain de jeu.
Enfin Danny Huston et David Thewlis sont les derniers que je trouvais vraiment connus. Le premier découvert en tant que Striker dans un anecdotique épisode Wolverine est juste dans son rôle. Le second, Lupin Forever, est à mon sens très convaincant, quoiqu’il ne fasse peut-être pas très bon matériau à méchant. C’est peut-être là tout l’intérêt ?
Ajouter à cela quelques têtes familières, Ewen Bremer et Saïd Taghmaoui, sympathiques sans être pour autant transcendants, et la boucle est bouclée.

Mais qu’en est-il, non pas de nos amours j’ai dit !, de nos deux protagonistes ?

Gal Gadot jouit de son charmant accent qui insiste sur le côté exotique de son personnage. Déterminée et sensible, elle arrive très bien à convaincre, même si la naïveté de son personnage tantôt justifiée, tantôt étrange, a fini par me lasser.
Chris Pine, que je n’avais plus vu depuis le dernier Star Trek – oui je devrais sortir plus souvent, je sais – m’a bien plu. Dans son rôle d’entre deux, suivre les ordres ou faire ce qui est juste, c’était bien, c’était chouette. Non, je n’ai pas envie d’utiliser un autre adjectif.

My father told me once, he said, « If you see something wrong happening in the world, you can either do nothing, or you can do something ». And I already tried nothing.

Steve Trevor – Wonder Woman

La Guerre en jupe

Il n’y a pas à dire, le bouclier +25 résistance et +20% de PV de grand-mamy, il casse des culs. Mon… public n’est pas assez geek ? Ah pardon…

L’avantage d’adapter, c’est qu’il y a probablement moins de boulot pour le scénario. Qui a dit ça ?!

Le souci de l’intrigue d’un comic, c’est qu’on a le temps et que c’est un comic. Pour un film, il y a l’aspect réaliste de la chose et c’est là qu’il faut faire attention. C’est pourquoi, je comprends la résistance certaine du public quand notre Wonder Woman se lance cheveux au vent dans le no man’s land et résiste à la sulfateuse nazie. Oui, je vous comprends. Mais c’est Wonder Woman merde ! Vous vous attendiez à quoi ? On vous raconte l’histoire d’une femme, fille d’un dieu, munie des reliques les plus puissantes de son peuple. Et vous voulez quoi ? Que la première balle l’envoie à l’hosto ?

L’histoire vend du rêve et essaie de redonner foi en l’humanité, comme celle de Superman. Je n’ai pas dit qu’elle y arrivait, mais c’est son but. Et tout tourne en ce sens avec pour vaisseau notre guerrière en jupe.

Quelquesfois, et ça me fait mal de le dire croyez-moi, il ne faut quand même pas vouloir être plus catholique que le pape. Vous allez voir Wonder Woman, vous devez vous attendre à des trucs badass comme une femme qui soulève un camion, évite les balles et se frite avec un dieu. Sinon, allez voir Femmes de l’ombre – très bon film – si vous voulez du réalisme.

Oh c’est beau, ça brille

S’il faut rendre à la réalisation ce qui lui appartient, il faut admettre que ça en jette. Les scènes en slow motion renvoient très bien la sensation de puissance de notre héroïne et sont utilisées à bon escient. Hélas…

Bien que tape à l’oeil, j’ai un arrière-goût plutôt amer. En effet, si l’on retire de l’équation les éléments badass : les tranchées et le combat final, la réalisation est assez simple. On ne fait pas le foufou quoi. Voir même, parfois, ça fait cheap.

Prenons un exemple concret : le moment où Antiope, Robin Wright, bondit sur le bouclier d’une équipière pour passer par-dessus un rocher et dézinguer du boschs. Je saisis le concept, mais ça m’a semblé bof, un truc en trop, un peu exagéré. Et cela revient de temps à autre tout au long du film. Heureusement, pas suffisamment pour m’en sortir, mais notable.

Mais de manière globale, c’est agréable et on ne crie pas au secour mon commandant le bateau coule. Et c’est peut-être assez symptomatique de ces blockbusters : la réalisation est bien, mais pas folle. Sa récurrence faut qu’au final ils se ressemblent presque tous. Pas de prise de risque, le but est de satisfaire suffisamment le spectateur avec un peu de poudre aux yeux, que ce soit visuel ou culturel; oui Gardien de la Galaxie 2, c’est toi que je regarde.

Elle vécut … longtemps

Tout ça pour dire que, sans pinailler, qu’il s’agit d’un bon film. Évidemment, il y a des erreurs, il faut le temp que le moteur chauffe. Et puis de toute façon, je suis assez fan de l’ambiance visuel DC de manière générale : plus sombre, moins bling bling que Marvel. Et dans un monde dominé et surchargé par ce dernier, ça fait du bien de faire des super-héros en collant un peu différent.

Patty Jenkins a donc produit une Wonder Woman en bonne et due forme, avec des défauts évidemment, mais qui a au moins le mérite d’être cohérent et qui se laisse regarder sans gripper les méninges du premier visionneur venu. Et ça, c’est bien.

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