Drame·Film·Science-fiction·Thriller

Bird Box de Susanne Bier

Résultat de recherche d'images pour "bird box netflix poster"Pour une fois depuis longtemps, je surfe plus ou moins sur la vague – enfin la fin de la vague. En effet, alors que la sélection naturelle fait son œuvre avec le challenge éponyme, il est temps pour nous de parler aujourd’hui de Bird Box, réalisé par Susanne Bier et adapté du roman de Josh Malerman. 

Avec une affiche pas piquée des hannetons – Sandra Bullock (Malorie), John Malkovich (Douglas), Sarah Paulson (Jessica) ou encore Jacki Weaver (Cheryl) – nous débarquons dans un monde apocalyptique où des créatures plongent les gens dans une profonde tristesse suicidaire au moindre regard. D’où l’idée principale de ce film : don’t look ! (“Ne regardez pas”). 

Un peu sceptique quant aux productions longs-métrages Netflixien, la boite aux oiseaux sera-t-elle une exception qui me redonnera un semblant d’enthousiasme ? 

Même pas peur !

Bird Box, avec sa violence et ses scènes plutôt intenses en hémoglobine, se range dans la catégorie des films d’horreur. Mon avis est qu’alors il se situe juste après la ligne de démarcation, car il n’y a d’horrible que quelques scènes sanguinolentes. 

Mais vois-tu, j’ai un problème depuis pas mal de temps avec de genre de films. Bien que, sur la jaquette, ils nous promettent la trouille de notre vie, il ne s’agit en réalité qu’une succession de jump-scares parfois bien dosés, souvent d’une prédictibilité triste. 

Résultat de recherche d'images pour "bird box netflix eyes"Comme je l’ai souvent entendu dire par des critiques que je suis, le jump-scare ne fait pas peur, il surprend. Lorsque vous regardez Alien, le huitième passager, il y a des jump-scares, mais ils viennent s’ajouter sur une couche d’angoisse permanente sous le joug d’une menace invisible.

Pourquoi je vous parle de ça ? Simplement, parce que dans Bird Box, j’ai retrouvé cette angoisse. Cette frayeur de ne pas savoir ce qu’il va arriver et une sincère inquiétude pour les personnages. C’est donc un excellent point qui m’a ravi – et terrifié.

Cela fait du bien de voir que certains films sont encore capables de susciter ce genre d’émotions. En opposition avec toutes les super-productions d’Halloween qui ne cherchent qu’à faire plus gore que l’année précédente. 

Ici, nous ne voyons jamais la menace, juste des esquisses. Nous ne savons pas ce qu’elle est, sauf quelques idées avancées çà et là. Tout ce que nous savons, c’est que le moindre coup d’œil éveille en vous une tristesse insupportable qui vous pousse au suicide. Sauf si votre cerveau fait du rodéo et que vous sortez d’un asile. Alors, vous devenez un fervent serviteur prêt à tout pour révéler la beauté de l’horreur. 

Le fait que nous ne sachions rien de la menace la rend encore plus oppressante. Une méthode simple et qui a maintes fois fait ses preuves. Bizarre que de moins en moins de réalisateurs la prenne en compte … 

Double narration, double problème

Pourtant, ce point si positif se voit contrecarrer pour la narration. Le film se sépare en deux grandes lignes. La première avec Malorie et les enfants tentant de trouver un refuge en descendant la rivière. La seconde, 5 ans plus tôt, nous raconte comment tout a commencé et ce qui a mené notre héroïne là où elle est à présent. 

Pourquoi est-ce un problème ? 

Dans un film où l’on souhaite que le spectateur s’inquiète pour les personnages, il est – probablement – maladroit de lui annoncer la couleur d’entrée. Beh oui. Si l’on nous présente la situation présente et passée, que l’on voit que 5 ans plus tard il ne reste que Malorie et les gosses, avec nos deux neurones en état de marche, nous nous doutons bien que le reste du casting passe à la trappe d’une façon ou d’une autre. Nous ne pouvons alors que nous inquiéter sincèrement que pour l’héroïne.

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Peut-être, mais pas tant que ça. Tous les personnages secondaires sont attachants d’une façon ou d’une autre. De plus, en jouant sur la corde sensible, il est toujours possible de provoquer quelques choses. Étant un papa, le destin de deux femmes enceintes et de leurs enfants ne peut que faire palpiter mon petit cœur si fragile. 

C’est peut-être artificiel, mais ça a marché – salopard 

La saveur du jeu

Que serait une histoire sans personnage ? 

D’entrée, sache que j’ai un faible pour John Malkovich. Je n’y peux rien, c’est comme ça. Je lui pardonne même son égarement dans Eragon, c’est dire ! Malgré son pédigré, Sandra Bullock me laisse souvent une impression en demi-teinte où je me demande une fois sur deux si sa réputation n’est pas surfaite.

Pourtant, sous la direction de Susanne Bier, ils sont tous parfaits. Je n’ai absolument rien à dire de négatifs sur les acteurs. Il n’y en a aucun qui n’a pas réussi à me convaincre. Tu pourras peut-être dire que je suis un publique facile, mais c’est ainsi. 

Résultat de recherche d'images pour "bird box netflix malkovich"Même les enfants, qui n’ont pas grand-chose à faire, il faut le reconnaître, mais pour le peu, ils étaient très bien. Le rôle éclair de Tom Hollander (Gary) mais prit presque au dépourvu. Je dis presque, parce que quelques secondes avant qu’il se révèle, je l’ai senti. Un petit je-ne-sais-quoi qui sent la merde, mais suffisamment tard pour qu’il me prenne au dépourvu.

Certains dialogues sont d’une saveur jouissive et parfois d’une grande intensité. Encore une fois, c’est peut-être ma corde sensible qui parle. Mais si elle m’a permis d’apprécier le film, pourquoi s’en plaindre ?

Malory: God, you sound like my father.

Douglas: Like your father? Why? Was he towering intellect given to dispensing wisdom to undeserving fools?

Malory: Yes, he was fluent in asshole as well.

Des images dans un monde aveugle

Il faut en parler un minimum, la réalisation. Ce n’est pas parce que nous personnages n’ont pas le droit de voir que c’est également notre cas. 

Je dirais qu’il y aurait peut-être eu plus à faire. Dans un film où les personnages doivent majoritairement rester en intérieur pour ne pas mourir, peut-être aurait-on pu renforcer cette sensation claustrophobique d’être pris au piège. Les maisons sont spacieuses, toutes proportions gardées, et celles qui ne le sont pas possèdent une atmosphère presque douillette. 

Peut-être était-ce le but ? L’extérieur est hostile, donc l’intérieur est accueillant ? Cela ne serait pas la première fois que je passe à côté de quelque chose. 

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En attendant, les scènes sur la rivière, grand espace, donnent très bien ce sentiment d’être perdu dans un monde trop vaste. Aveugle, sans repère, incapable – théoriquement – de naviguer de manière efficace, Malorie mène sa barque comme elle peut.

Au royaume des voyants, les aveugles sont rois

Après cette longue descente sur la rivière, que pouvons-nous retenir de Bird Box ? Susanne Bier a très bien réussi  raconter une histoire intéressante qui peut pousser à la réflexion. De plus, elle a créé une atmosphère poignante, avec quelques faiblesses certes mais qui est parfait ? Ajoutons à cela une excellente performance d’acteurs, que demander de plus ? C’est un bon film, avec quelques défauts, mais qui vaut plus que la peine d’être regardé.

Évidemment, ceci n’est que mon avis et les avis, c’est comme voir : il vaut mieux le faire par soi-même.

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