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The Breadwinner de Nora Towmey

Résultat de recherche d'images pour Je ne cache jamais mon aversion pour certaines traductions de titres. Que cela soit pour des romans ou des films, je pense que la France fait pire que mieux. Mais soit ! Une fois n’est donc pas coutume et nous allons parler aujourd’hui de The Breadwinner réalisé par Nora Towmey, traduit « Parvana, une enfance en Afghanistan » – ou comment transformer un titre subtil en celui d’un documentaire Arte.

Adapté du roman éponyme de Deborah Ellis, il est produit par nulle autre que l’ambassadrice de l’UNICEF Angelina Jolie, ce qui pourrait donc expliquer le ton et le message engagés que le film véhicule. Eh oui, ici, il sera question, comme le titre documentaire Arte le sous-entend, de la vie en Afghanistan sous le régime taliban.

Le film a voulu assouplir le trait en passant par l’animation. Pari gagnant, car cette dernière est magnifique. Loin des clichés Disney, Pixar ou Dreamworks Animation, nous retrouvons un dessin plus proche de celui de notre enfance, celui qui avait donné vie à Aladin ou Tintin. De la même manière que pour La Tortue Rouge, j’ai adoré retrouver cette fraîcheur d’une animation old-school.

Mais ce n’est pas tout. Au fil du film, Parvana nous raconte également une histoire, celle d’un jeune homme parti défier le Roi Éléphant. Ces passages sont en animation 3D, mais matérialisés comme de l’origami ou semblable. Cela tranche agréablement avec la narration sur notre héroïne et offre une palette de couleurs et de textures encore plus riche.

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Mais un beau dessin ne fait pas le tableau …

Bien que j’aie passé les quinze premières minutes dans l’angoisse, je ne peux que reconnaître la grande qualité de ce film. Bien qu’il se montre très – très – difficile. La bande-annonce ne donne qu’un aperçu très édulcoré de la dureté du sujet et du traitement, donc ne t’y fie pas.

Loin d’un documentaire, l’œuvre originale – le roman donc – se base sur une multitude de témoignages de femmes réfugiées au Pakistan lors de la période des talibans en Afghanistan. Donc bien qu’il s’agisse d’une histoire romancée à partir d’une histoire romancée, il faut garder à l’esprit que le matériau d’origine est vrai, peu importe le prisme.

Et je pense que c’est ce qui m’a rendu le visionnage d’autant plus difficile.

Père de bientôt deux filles, j’ai énormément de mal à ne serait-ce qu’imaginer que ce genre de traitement pour la gent féminine – ou tout autre être humain évidemment – existe. Et pourtant. Ici, nous voyons que les femmes afghanes ne peuvent sortir sans un homme. Elles ne peuvent simplement rien faire sans un homme à leur côté. Si elles osent contredire l’un d’eux, elles reçoivent le fouet – dans le meilleur des cas – même si leurs propos sont justifiés. En gros, tu es une femme, tu as tort.

Image associéeDans ce contexte, lorsqu’au début du film, le père de Parvana est emmené en prison parce qu’un gamin en pleine puberté et à l’autorité aussi fournie que ses trois poils de moustache s’est fait remettre à sa place, les choses deviennent très compliquées.

Au pied du mur, notre héroïne décide de se déguiser en garçon. Cela lui permet alors de pourvoir à sa famille et ainsi survivre. Elle découvre alors une autre vie. Une vie où on l’écoute, la reconnaît, la traite comme une personne.

Évidemment, les choses ne se passent pas sans anicroche, mais je te laisserai le découvrir par toi-même.

En attendant, cette pénibilité du ton, des actes et de l’histoire, est pour moi le pourquoi il faut voir ce film. Il est important de voir ce genre d’événements pour éviter qu’ils ne se reproduisent. Je ne me voile pas la face pour autant, comme me l’a dit un jour mon grand-père : « Le pire, quand on devient vieux, c’est qu’on voit les choses se répéter ».

Je te laisserai philosopher là-dessus.

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Car au-delà d’une histoire sur l’Afghanistan taliban ou du statut des femmes dans certains pays – qui prouvent par ailleurs que « Mademoiselle » ou élargir les trottoirs ne sont peut-être pas forcément les choses à changer en priorité – j’ai vu ce film comme un avertissement. Contrairement à ce que l’on se plaît à croire, ce genre de comportements n’est pas l’apanage du Moyen-Orient.

Il y a encore soixante ans, en Belgique, on pouvait encore licensier une femme sous prétexte qu’elle était enceinte. Détail ? Avant 1976, les femmes ne pouvaient pas ouvrir de compte bancaire sans l’accord de leur mari. Il n’y a même pas un siècle, en France, les femmes ne pouvaient pas voter. Et qui sait où nous en serions aujourd’hui si les Première et Seconde Guerres Mondiales n’avaient pas emporté une grande partie des hommes  au combat ?

C’est donc très intéressant de voir où l’ignorance, l’endoctrinement et, surtout, la peur et la façon dont certaines personnes l’instrumentalisent peuvent nous mener. Comme il est dit dans l’introduction par le père de Parvana : l’Afghanistan était un pays de savoir, de science et d’érudition, à la frontière de grands empires en guerre.

Mais là encore, je te laisserai philosopher là-dessus par toi-même.

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Tu l’auras donc compris, bien que j’aie éprouvé quelques difficultés à le regarder jusqu’au bout, The Breadwinner est un de ses films qui tente de parler légèrement d’un sujet terriblement dur. C’est probablement ce qui le rend intéressant, si pas important. Nora Towmey a effectué un travail magnifique par une réalisation qui porte un message rempli de leçons. Pfiouh, tout ça m’a donné envie de faire un câlin à ma fille.

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