Drame·Récit de vie·Romance·Série

Sex Education, créée par Laurie Nunn

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Parfois, nous sommes faibles. Nous voulons regarder des choses intéressantes, enrichissantes ou tout autre adjectif en -antes. Et parfois, on prend une série un peu clickbaite sans trop savoir à quoi s’attendre. Mais je mentirais en disant que c’était le cas pour Sex Education de Laurie Nunn. Je m’attendais à quelque chose.

Je pensais y trouver une énième série dépeignant des ados soit frustrés, soit accros au sexe, des comportements puérils et premiers degrés, le tout baignant dans une soupe intellectuellement limitée.

Oui, ce n’était pas bandant, je ne vous le fais pas dire.

C’est donc assez dubitatif que je me suis lancé dans l’aventure et que j’ai fait la rencontre de Otis (Asa Butterfield). Première rencontre qui réveille un bon souvenir, vu que j’avais particulièrement  apprécié La Stratégie d’Ender – autant le roman que le film, cela dit au passage – où il tient le premier rôle.

J’ai donc suivi son histoire d’ado qui n’a aucune maîtrise de ce qu’il se passe dans son pantalon avec un appriori plutôt positif.

Et qu’en est-il ?

Moment confession : j’ai accroché dès le premier épisode. En effet, loin d’une débandade de propos ras des paquerettes et de scènes graveleuses dans le genre des hors séries de American Pie, Sex Education s’est montré beaucoup plus subtil que ça.  Il y a bien entendu pléthore d’éléments que l’on voit plus que venir, mais qui y échappe ?

Résultat de recherche d'images pour C’est donc un un peu naturellement que l’on y retrouve le meilleur ami homosexuel, la fille rebelle, le fils du directeur qui joue les durs, les filles populaires, etc. Mais, dans le fond, toute école possède ces archétypes. Donc pourquoi les mettre de côté ? Surtout qu’ils ne sont pas le sujet central.

Ici, on compte parler de sexe. Mais pas que. Cette question est surtout abordée d’un point de vue psychologique. La mère de Otis, Jeane (Gillian Anderson), est une thérapeute du sexe – je ne veux pas utiliser conseillère matrimoniale, car je trouve ça limitant pour ce qu’elle est vraiment – et possède la fâcheuse tendance à vouloir analyser son fils.

Pourtant, malgré cet environnement plutôt étrange, ce dernier sert bien notre puceau de service et c’est là qu’est la base du film : Otis marche dans les pas de sa mère et devient sex therapist officieux à son école.

C’est donc les toilettes désaffectées de son école qu’il va écouter ses petits camarades et leur prodiguer des conseils, des réflexions, concernant leurs frustrations, attentes ou incompréhension sur ce chamboulement hormonal que l’on nomme sexualité, mais surtout sur le lien que cela a avec ce qui se passe dans leur tête.

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Cette approche définit le prisme de la série. Un prisme où nous allons voir les choses d’un point vue de départ léger par l’intermédiaire de la vie scolaire d’adolescents banals, puis plonger dans des questionnements beaucoup plus pointus et lourds de sens.

Loin de se limiter, la série aborde des sujets variés et pousse le raisonnement un cran plus loin. Que cela soit l’amitié, la sexualité, les relations parents-enfants, les familles à problèmes, l’homosexualité, j’en passe et des meilleurs, elle ne se limite jamais à une approche caricaturale et offre une réflexion recherchée forçant à se poser la question.

Au-delà de ce que la série dit, j’ai, cependant, éprouvé des difficultés à la situer. Bien que les acteurs, qui sont excellents tous autant qu’ils sont, parlent avec ce fameux accent british qui nous ravit. Ou que les voitures roulent du mauvais côté de la route – j’entends à gauche. Ou encore que la campagne nous rappelle la belle Angleterre. Les problématiques abordées et la façon dont elles sont amenées font fortement – et c’est un euphémisme – penser aux États-Unis.

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Alors je n’ai aucun souci que cela se passe Outre-Atlantique. Néanmoins, cela me dérangeait suffisamment pour ôter un certain charme à la série. Maintenant, peut-être y-a-t-il également ce genre de choses Outre-Manche, je ne sais pas. Pourtant, à cause de ce détail, j’ai eu de temps en temps l’angoisse qu’il ne s’agisse que d’une énième série pour ados états-uniens, avec les clichés et les idées reçues que cela implique.

Pas très bon pour diminuer les stéréotypes déjà bien ancrés sur la façon dont la première puissance mondiale fout en l’air sa jeunesse.

Mais ne nous arrêtons pas là et ne gardons que le principal : j’ai adoré cette première saison. Je suis dans une période où la psychologie m’intéresse particulièrement et donc j’ai profondément savouré cet aspect.

Sans parler, bien sûr, que Laurie Nunn a pu esquiver efficacement le cliché de la série stupide parlant de sexe à la pelle – bon, ne montrez pas ça à vos enfants quand même ! Donc, si ce que j’ai dit à propos de Sex Education vous a ne serait-ce que légèrement intrigué, allez-y sans crainte !

 

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