Drame·Film·Historique

Preuve qu’il est possible de raconter deux histoires en même temps

550863Colonia, c’est l’histoire d’une dictature dont on ne parle, finalement, pas si souvent. Florian Gallenberger nous offre ici sa vision d’une histoire vraie, celle de la Colonia Dignidad et de sa relation avec le Chili de Pinochet.

Je pose la carte « Honnêteté » et reconnais que jusqu’à ce que je vois ce film, je n’avais aucune idée de cette fameuse colonie, mixe entre un camp de vacances et un goulag. Peu évoqué, du moins de notre côté de l’océan, le cas du Chili n’a pas à envier ses confrères du vieux continent. Et cela, l’histoire de Lena (Emma Watson) et Daniel (Daniel Brühl) compte bien vous le faire comprendre. Lire la suite « Preuve qu’il est possible de raconter deux histoires en même temps »

Drame·Film·Historique·Romance

Romance colonialiste en demi-teinte

mv5bmtu2oty5ntm3m15bml5banbnxkftztgwmda1mdyxnje-_v1_uy268_cr30182268_al_À croire que les films sur la colonisation/décolonisation sont vraiment à la mode. L’Espagne s’offre également un mea-culpa sur l’une de ses colonies : la Guinée (a.k.a. Guinée équatoriale). Nous parlons aujourd’hui de Palmeras en la Nieve – Palmier dans la neige – de Fernando González Molina.

J’ai toujours adoré les films espagnols. Ils arborent toujours une atmosphère particulière que je trouve presque dépaysante. Ajoutez à cela l’aspect chantant de la langue, combo gagnant, bien que mes restes de secondaire ne me permettent hélas pas de me passer de sous-titres. Lire la suite « Romance colonialiste en demi-teinte »

Drame·Historique·Roman

L’empreinte de l’ange de Nancy Huston – Quand amour et douleur s’entrelacent

Une exposition de peinture. Un tableau et deux hommes devant lui. L’un, à demi penché sur la barre, parle, explique, avec éclat.

L’autre est muet. On devine à sa courtoisie qu’il est absent. Il tend l’oreille et refuse l’esprit. Il est au Bois, à la Bourse, ou chez une dame ; mais il est impossible d’être plus loin avec plus de formes et de présence sensible.

Paul Valéry

3235437749_1_2_hno5phwoCeci pourrait sensiblement décrire Saffie quand nous la rencontrons à son arrivée de Paris. Elle glisse dans la vie, sans aspérité, emmurée par sa douleur et ses peurs, son souhait de se prévenir du monde la coupant de tout ce qui le compose.

Lorsqu’elle rencontre Raphaël Lepage, talentueux flûtiste, pour un poste de bonne, elle exprime une transparence et une discrétion intrigante. Non seulement pour son futur employeur, mais pour nous. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? Nulle ne connaît son passé. Nulle ne sait ce qui la tourmenterait si elle laissait, ne serait-ce, qu’une seule prise sur sa carapace polie.

C’est avec une indifférence méthodique qu’elle accepte une demande en mariage d’un homme qu’elle ne connaît qu’à peine, qu’elle se couche avec lui et … qu’elle tombe enceinte. Première aspérité. Une horreur se dessine en elle, souvenir d’une époque par-dessus tout réprimée. Elle nous entraîne dans sa douleur, nous sommes happés dans cette spirale pénible où nous la voyons péricliter, terrorisés et confus. Ce même après la naissance de leur fils Emil. Lire la suite « L’empreinte de l’ange de Nancy Huston – Quand amour et douleur s’entrelacent »

Historique·Roman

Une justice de compréhension

le-collier-rougeDe temps en temps, il faut savoir sortir du sentier battu. Le collier rouge est l’un de mes premiers écarts concernant mes lectures et bien m’en a pris.

En résumé, Jean-Christophe Ruffin nous y conte l’histoire d’un soldat condamné qui reçoit la visite de son juge.

« Condamné à quoi ? » me demanderez-vous.

Excellente question, car nous n’en avons aucune idée ; et le juge se refuse de nous le dire; crapuleux qu’il est ! C’est là tout le mystère de cette grosse nouvelle, ou petit roman, extrêmement bien ficelée. Lire la suite « Une justice de compréhension »

Historique·Roman

Les heures s’égrainent

le-dernier-jour-d-un-condamneQue n’ai-je maudit ce livre lors de mes études ! À peine plus d’une centaine de pages et que de longues heures de souffrance pour le jeune de 13 ans que j’étais.
Heureusement, le temps passe et les aigreurs également. Au même titre que Vipère au poing, j’ai aimé détester ce livre. Alors, fou de remords et d’envie de bien faire, je m’y suis replongé quelque 14 ans plus tard.

Je referme enfin la dernière page et une folle bouffée d’injustice et d’horreur m’envahit. L’animosité primitive du peuple devant le malheur d’un autre, la blessure au cœur de ne pas être reconnu par son propre enfant, la torture de l’âme qu’il représente, ce livre me fait voir et respirer les monstruosités qui furent notre société. Lire la suite « Les heures s’égrainent »